Catégories
Compétences de gestion Gestion du temps et des priorités

Cesser de prendre les singes des autres

Se retrouver avec le singe d’un autre : manoeuvre sournoise par laquelle le bénéficiaire se retrouve avec une responsabilité (une activité, un problème ou un projet) non sollicitée et non désirée, généralement habilement exécutée par un employé ou un collègue.

 

Pourquoi je n’arrive jamais à tout livrer?

Vous retournez à la maison après votre journée de travail, encore une fois, débordée et épuisée…

Pourtant vous êtes productive, mais vous réalisez que vous êtes tellement envahie par les « singes des autres » que vous n’êtes plus en mesure de faire votre propre travail adéquatement!

Autrement, vous n’avez peut-être pas encore cerné la source du problème. Il peut donc être utile de faire une pause et de prendre du recul afin de réaliser qu’inconsciemment vous avez hérité d’activités qui ne sont pas de votre responsabilité.

Est-ce la faute des autres? Y a-t-il un complot contre vous?? Probablement pas! La situation est comme ça puisque vous l’avez possiblement créée ainsi…

[Désolé!]

 

Je ne veux plus prendre les singes des autres!

Je constate que beaucoup de dirigeants sont surchargés parce qu’ils acceptent de prendre entièrement ou partiellement des responsabilités qui reviennent à leurs collaborateurs.

La scène est assez typique et se déroule généralement : dans un couloir ou dans le cadre de porte de votre bureau, quelques secondes avant une réunion ou même alors que vous êtes concentré à faire autre chose.

Le paradoxe est qu’en acceptant la responsabilité, vous croyez aider votre collègue à résoudre son problème. Oui, vous avez possiblement soulagé l’autre à court terme, mais vous avez aussi créé une dépendance. C’est comme si vous aviez accepté de fournir du poisson plutôt que de montrer à l’autre comment pêcher!

C’est vrai que certains sont devenus maîtres dans l’art de passer leurs singes. Ils ont compris comment les choses se passent et tirent avantage de la situation. Si vous croyez que vous êtes dans cette situation, je vous partage quelques trucs plus bas.

Par contre, la réalité est que nous créons souvent l’environnement dans lequel nous travaillons et c’est surtout vrai si vous êtes dans un poste de gestionnaire ou en autorité.

Comme individu, vous vous dites que c’est votre rôle d’aider les autres. Vous vous dites peut-être même [inconsciemment] que ce n’est pas très « gentil » de ne pas aider ses employés ou ses collègues.

Et voilà, vous avez [inconsciemment] défini votre identité professionnelle comme quelqu’un de « gentil et d’aidant ». Sans vous connaître, j’imagine aussi que vous êtes inconfortable avec le conflit, ce qui rend les choses encore plus difficiles.

 

Trois étapes pour éviter les singes

Je vous propose trois étapes (prendre conscience, refuser, responsabiliser) pour réduire le nombre de singes dont vous prendrez la responsabilité. Idéalement, avec un peu de pratique, vous devriez être en mesure de vous occuper seulement de vos singes!

 

1re étape : Prendre conscience de la manœuvre | Voir venir les singes

Félicitations! Si vous avez lu l’article jusqu’ici, vous avez commencé à prendre conscience du problème et de la subtile manœuvre! Il reste maintenant à mettre ça en pratique.

  • « J’ai un problème… »
  • « Peux-tu m’aider avec… »
  • « Il faut que je te parle de… »

Attention, ces phrases qui paraissent anodines cachent possiblement un singe! Soyez vigilant et préparez-vous à la prochaine étape…

 

2e étape : Résister à la tentation | Refuser

Lorsque vous réalisez que la phrase anodine cache effectivement un singe, préparer votre réponse.

  • « Je comprends ton défi / ton enjeu / ton problème. Comment penses-tu pouvoir régler le problème? Quelle serait la première étape pour régler la situation? » En plus de démontrer votre réceptivité à l’enjeu et à la demande d’aide, vous aidez votre collègue à développer les compétences de résolution de problème. Vous êtes maintenant prêt pour la 3e étape…

 

3e étape : Responsabiliser

Votre rôle est donc de chercher à développer l’initiative, l’autonomie et le sens des responsabilités chez l’autre. Non seulement cela est-il utile pour aider vos collègues, mais cela sera d’une grande utilité dans la gestion de votre temps.

Si votre collègue vous a approché avec la situation, c’est possiblement qu’il ne possède pas (ou ne croit pas posséder) les compétences requises. Votre rôle consiste donc à l’aider (oui, à l’aider!), non pas en prenant la responsabilité pour la situation, mais plutôt en l’aidant à développer les compétences manquantes!

  • « Explique-moi. Quel est le problème ? »  Vous lui laissez quelques minutes pour vous expliquer la situation (sans trop entrer dans les détails). Demandez-lui alors comment il voit la solution. Si la réponse proposée est adéquate, vous n’avez qu’à féliciter l’autre en lui disant « BRAVO ! Je suis content de t’avoir aidé ! »
  • Si la résolution de la situation n’est pas claire, demandez à votre collègue d’y réfléchir et de revenir vers vous plus tard pour en discuter.
  • Si votre collègue revient vers vous sans avoir trouvé une réponse adéquate, passez du temps à réfléchir ensemble. Le temps que vous consacrez à l’exercice sera définitivement moins demandant que si vous aviez pris le singe sur vos épaules!

 

 

Si vous n’y arrivez toujours pas, vous pouvez travailler avec un coach qui vous aidera à naviguer efficacement ces demandes.

Laisser un commentaire